Sear Cabe


En 2016, dans une vague discussion, on se met d’accord avec Sear Cabe pour une prochaine interview. Il fait alors partie du duo en vogue Workers.

Deux ans plus tard, on échange sur son projet Lost Tape. La discussion prend des allures d’interview. Le beatmaker parle de musique, de sa belle année 2017 et de 2018 qui s’annonce riche en projets musicaux.


©Arthur Viny Lefevre

Tiffa : Comment ça va ?
Sear Cabe : Ça roule haha,  dans le speed tout le temps. Et toi ?
Tiffa : Moi ça va, en vacances actuellement. J’ai du temps libre, ça fait du bien. Bon, on a une heure, on va donc directement rentrer dans le vif du sujet. Qu’est-ce que tu peux nous dire sur ton dernier projet Lost tape ?

Sear Cabe : Lost Tape est un projet composé de six titres et d’un remix bonus disponible sur Soundcloud, YouTube et gratuitement sur Bandcamp. Chacune des tracks étaient destinés à des rappeurs avant qu’une nouvelle mise à jour Apple surviennent et que je ne puisse plus composer ni avoir accès à la modification des instrus que j’avais déjà exportées sur mon bureau. Après ce soucis technique, j’ai décidé de réunir mes meilleures instrus à mon sens (et au sens de mon équipe Same Fam) dans ce projet pour ne pas rester sur un échec.

Tiffa : Ton univers musical gravite pas mal autour du Hip-Hop. D’autres tendances ?
Sear Cabe : Honnêtement je ne pourrais pas résumer. Mise à part le Reggae, et encore j’ai quelques notions, j’écoute de tout. J’écoute beaucoup de choses, j’ai zéro restrictions.

Tiffa : D’où te vient cet intérêt pour la musique ?
Sear Cabe : Pour la petite histoire, mon père est musicien depuis des années. Il est chanteur guitariste d’un groupe de punk rock El Royce. Depuis que je suis tout petit, j’ai un pied dans la musique ou du moins une oreille. Très jeune j’ai voulu apprendre à jouer de la guitare avec mon père. Mais je me suis aperçu que le lundi je voulais jouer de la guitare, le mardi de la batterie, le mercredi de la basse et plus encore. Des années plus tard, après le peu d’études que j’ai fait je me suis intéressé à la musique assistée par ordinateur (MAO) et j’me suis aperçu que je pouvais jouer de tous les instruments sans forcément apprendre à en jouer.

Tiffa : Et t’es dans le MAO depuis quand ?
Sear Cabe : Approximativement depuis mes 18 ans. J’en ai 24 actuellement, ça fait environ 6 ans.Je viens d’un milieu où les centimes sont comptés haha
C’est sur un coup de bol que j’ai pu commencer à produire. À l’époque j’étais con. J’avais arrêté les cours, je trainais pas mal. La situation financière et le niveau de vie ne me permettaient pas de me payer un ordinateur capable de composer. Un après midi, dans les transports, je tombe sur une sacoche d’ordinateur posée sur un siège. Personne ne s’en souciait. Après plusieurs arrêts, j’ai décidé de tenter ma chance, j’ai stupidement volé ce foutu ordinateur. Quelques mois plus tard je commençai à produire. J’crois qu’au fond le karma, au lieu de me taper sur le dessus de la tête, m’a tendu la main.

Tiffa : Tout a démarrer par un vol, c’est assez original. Aujourd’hui tu utilises quoi comme matériel ?
Sear Cabe : Comme je dis plus haut c’était des conneries de jeunesse. Un an après j’ai trouvé un boulot dans l’animation avec les enfants. J’ai fini par avoir les moyens de me payer mon iMac et mon casque.

Tiffa : Est- ce que comme la plupart des gars tu as des producteurs qui t’ont motivé, qui t’ont donné envie de t’investir dans le beatmaking ? Des noms a citer ?
Sear Cabe : Pas forcément motivé à devenir beatmaker mais qui m’ont inspiré voire marqué il y en a pas mal : Mr Carmack, WondaGurl, RichieBeatz, High Klassified ou bien encore mon ancien binôme Be Dar. En francophone y’a LEXEazy Dew ou Pink Flamingo aussi qui m’ont inspiré.

Tiffa : Oouh joli ! Tu évoques ton ancien partenaire Be Dar, tu étais en duo avec lui pour Workers. Raconte nous cette aventure.
Sear Cabe : Il y a un an j’étais en duo avec Be Dar pour Workers. On mélangeait vrais instruments et pure et simple beatmaking. Je peux pas vraiment parler de genre musical particulier pour catégoriser la musique du groupe mais ça tournait autour du Hip Hop, de la Trap, de la Soul et un peu de musique du monde ! Aujourd’hui on est tous les deux passés à autre chose. Disons qu’on s’est recentré sur nos projets persos pour construire nos vies indépendamment l’un de l’autre. Ca reste mon ami et quelqu’un avec qui j’ai partagé plus que des choses matérielles. Jouer de la musique avec quelqu’un c’est un peu comme lui donner une partie de son cœur, de ses émotions et de sa sensibilité, surtout pour Workers. Je crois qu’on a tous les deux donné beaucoup de notre personne et de nos sentiments dans ce qu’on a produit.

Petit aperçu :

Tiffa : T’as fait de belles collab en 2017. D’abord celle avec Grems sur le titre Dormir, une prod de Workers. Comment ça s’est enchainé ?

Sear Cabe : Effectivement, ça a commencé avec Grems. Après ma séparation de Workers, j’ai accéléré les démarches. J’ai réussi à placer deux productions sur le dernier projet du rappeur suisse Di-Meh Focus vol 1. Quelques temps après Le Motel, le DJ du rappeur belge Roméo Elvis, a joué un de mes remix. Suite à ça, je me suis mis en contact avec Jean Jass et Roméo Elvis. Deux productions sont également sorties sur l’album de Danista, dont une signée Workers, la dernière en duo.

Tiffa : Doit on penser à une éventuelle collab ?
Sear Cabe : Disons que je suis en discussion avec ces messieurs grâce à Le Motel. Je suis tombé par hasard sur la story de Roméo Elvis avec mon remix de Bad and Boujee. J’ai demandé à récupérer la vidéo. S’en est suivi des écoutes d’instrus avec lui et Jean Jass qui leur ont plu (ou pas) hahaha

Tiffa : Il y a moyen que tu passes sur les ondes belges un de ces quatre alors
Sear Cabe : Carrément pourquoi pas c’est possible. Du moins, j’aimerais beaucoup, la suite vous le dira ! Après cette équipe ne parasite pas que les ondes belges mais toutes les ondes et festivals francophones !

Tiffa : Une belle année j’ai l’impression. T’évoquais ton équipe Same Fam tout à l’heure. Au-delà de nous faire vibrer lors de soirées, quelle est son esprit ?
Sear Cabe : On est un groupe d’une dizaine de potes. On est un rassemblement de DJ/beatmakers de l’Ouest français ! L’esprit est notable dans le nom. On est une grande famille, on est là pour la musique et rien d’autre.

Tiffa : Comment est c’est né ?
Sear Cabe : Alors Same Fam a été fondé il y a bientôt un an. C’est une continuité de mon ancien collectif Wassup qui m’a formé depuis mes 18 ans et avec lequel je mixais.
Wassup s’est terminé et j’ai embrayé sur autre chose. Après formation de mon ancien boss, Jean LeMancq, j’me suis imaginé moi même organiser (des soirées). J’ai contacté des amis et regroupé les meilleurs talents de mon entourage pour former Same Fam, un collectif qui organise des soirées et qui aide au développement artistique. On est une dizaine, il y a mes collègues mais aussi mes amis tous éparpillés dans l’Ouest français. On est surtout une famille. On organise en moyenne quatre à six soirées par mois, soit des formats où nous invitons des artistes externes au collectif comme par exemple Di-Meh, Slimka, Youv Dee ou High Klassified. Ca peut être une Get Ur Freak On qui est un rendez vous Hip Hop voguant entre les années 90 ou 2000 avec exclusivement nos DJ ou bien des Drink More Water qui sont des soirées full DJ set Trap/Hip Hop actuel uniquement avec nos DJ. Vous pourrez nous trouver majoritairement sur Rennes, Nantes et Bordeaux.

Petite pub : Allez vous abonner sur SameFam (Facebook ou Instagram) pour suivre nos aventures. Deux photographes talentueux tâchent de représenter au mieux nos soirées. Vous pouvez aller fouiner Lauréline Atn ou JazWave sur Instagram. On vous fait découvrir la scène francophone en club à moindre coût. Nos entrées sont à 5€.

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Tiffa : La pub est placée ! Quels sont tes projets pour cette année ? On va entendre d’avantage du Sear Cabe ?
Sear Cabe : Uniquement à travers des rappeurs je l’espère. J’ai pas mal de truc que je dois garder secret. Mais rien de solo en prévision.

Tiffa : Des rappeurs francophones ?
Sear Cabe : Je peux vraiment pas en dire plus, j’espère que vous comprendrez haha. Je vous laisse essayer de deviner en me suivant.

Tiffa : Quoi qu’il en soit, je te souhaite de réussir dans tes projets. T’as l’air de faire un travail sérieux tant musicalement que visuellement. Quelque chose à dire aux personnes qui ne te connaissent pas encore ?
Sear Cabe : Merci beaucoup. J’essaie de faire à fond à peu près la seule chose que je sais faire ! Visuellement je dois avouer que depuis plus d’un an, j’ai la chance de sortir avec une directrice artistique motivée et de qualité. Ce qui joue sur l’image et le démarchage. Je leur dis à bientôt haha j’arrive très très vite !

Tiffa : Je te laisse le mot de la fin
Sear Cabe : Hahahahah ce genre de truc qui me fais caler.
« Heu Bisou » Hahaha… je sais pas quoi dire. Je suis motivé et en général j’arrive à faire ce que j’ai envie. Je suis pas prêt de lâcher le steak, je sais faire que ça de toute façon. C’est un peu bada$$ mais bon.

Tiffa : Merci !
Sear Cabe : Merci beaucoup. Une interview qu’on devait faire depuis des années haha

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Pas une journée sans musique. Un peu accro aux rouges à lèvres et à la compréhension du monde avec les sciences humaines et sociales. J’aime les chiens et les perroquets.

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1 Comment

  1. nolhan 6 février 2018

    yesai tonton !!!

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